
Traduction : “Si les meurtriers de Madagascar sont réellement forts, prenez les dirigeants pour cible, car ce sont eux les véritables ennemis, en plus c’est là qu’il y a quelque chose à voler pour vous ! Soyez malins, ce ne sont pas toujours les démunis qu’il faut dépouiller”.
Typologie de discours : Il s’agit d’un discours incitant à la violence politique, appelant explicitement au vol et au meurtre contre les dirigeants malgaches.
Contexte : Le 5 mars 2025, une personnalité publique influente, dont le badge a été authentifié par Facebook, a publié sur son compte un message incitant à la violence, au vol et au meurtre des dirigeants malgaches. Cette publication a rapidement gagné en visibilité, accumulant plus de 1900 réactions, plus de 200 commentaires et une cinquantaine de partages sur des pages et groupes de discussion à large audience. Cet appel intervient dans un contexte où l’insécurité connaît une recrudescence importante à Madagascar, marquée par de nombreux faits divers violents, parmi lesquels le braquage armé et l’assassinat de deux missionnaires coréens à Marovoay Moramanga le 21 février 2025, un cambriolage violent à Ambodiafontsy Ampitatafika le 27 février, le meurtre de la mairesse nouvellement élue de Mangataboahangy Ambatofinandrahana le 21 février 2025, et l’agression mortelle d’un jeune de 23 ans poignardé en pleine rue à Ambolomadinika, Toamasina, le 4 mars 2025. Face à cette vague de violence, une partie de la population exprime son exaspération et son sentiment d’insécurité grandissant. L’opposition, de son côté, critique vivement l’attitude des dirigeants, qu’elle accuse de minimiser la situation en cherchant à améliorer l’image du pays à l’international, tandis que la pauvreté, le chômage et l’inflation continuent d’aggraver les difficultés quotidiennes des Malgaches.
Impacts et dangers potentiels :
- Un tel discours risque d’exacerber les tensions sociales et politiques et renforce un climat de violence et de colère, risquant d’entraîner des actes criminels ciblés contre les responsables politiques et institutionnels. La portée accrue d’un message émis par une personnalité publique amplifie cette dynamique, incitant potentiellement à l’action violente.
- L’incitation à la violence fragilise la confiance dans les institutions et pourrait entraîner une réaction musclée des autorités. Ce message risque d’intensifier le cycle de répression et de contestation, avec des risques d’escalade des tensions, surtout si le message est perçu comme légitime par les partisans de la personnalité publique.
- Les plateformes numériques facilitent la diffusion virale de ces discours, renforçant la polarisation et la radicalisation de certaines franges de la population.
Recommandations :
- La promotion de la violence et de l’incitation à la haine est formellement interdite par la loi malgache (article 26 du Code de la Communication médiatisée). Les auteurs de tels messages s’exposent à de lourdes sanctions pénales. Il est essentiel que les internautes évitent de relayer, commenter ou approuver ce type de contenu.
- Les autorités sont appelées à intensifier leurs efforts de sensibilisation afin de contrer la propagation de discours violents et menaçant la stabilité politique et sociale. La gestion des discours haineux sur les réseaux sociaux doit être une priorité pour garantir la sécurité et la paix sociale.
- Les personnalités publiques ont une responsabilité particulière dans la diffusion de messages, et doivent s’abstenir d’inciter à la violence ou à la haine. Il est impératif qu’elles exercent leur influence de manière constructive, en contribuant à l’unité nationale plutôt qu’en exacerbant les divisions.
- Les acteurs des médias et de la société civile jouent un rôle proactif dans la promotion de messages constructifs, apaisés et éducatifs. Déconstruire les discours de haine, en privilégiant le respect mutuel et la cohésion sociale, permettra de limiter l’impact de ces contenus destructeurs.