
Typologie de discours : Discours d’incitation à la haine à caractère ethnique, visant à créer des tensions socio-politiques et à opposer les autres communautés à l’ethnie Merina
Contexte : Publication recensée dans un groupe de discussion public à large audience sur Facebook, le 21 décembre 2025. Les propos s’inscrivent dans un contexte de revendications en ligne en faveur de l’instauration d’un État fédéral à Madagascar. Pour étayer cette position, l’auteur mobilise un discours fondé sur des oppositions ethniques, accusant la communauté Merina de domination politique et économique à travers le contrôle de l’État central.
Impacts et dangers potentiels :
- Renforcement des tensions interethniques à l’échelle nationale, la diffusion répétée et à large audience de ce type de propos étant susceptible d’alimenter la méfiance et d’exacerber les divisions entre les différentes communautés.
- Risque de stigmatisation et de discrimination à l’encontre des personnes identifiées comme Merina, en favorisant des logiques d’opposition collective et des attitudes d’exclusion susceptibles de fragiliser le vivre-ensemble.
- Risque accru de manifestations de violences verbales ou physiques ciblées, notamment à l’encontre des membres du groupe visé vivant au sein d’autres communautés, dans un contexte de polarisation identitaire.
- Perturbation potentielle des équilibres sociaux et économiques, ces discours pouvant encourager des comportements de rejet, de boycott ou de repli communautaire.
Recommandations :
- L’incitation publique à la haine ethnique et raciale est prohibée par la législation malgache, notamment par l’article 26 du Code de la Communication médiatisée, et expose son auteur à des sanctions pénales. Il est recommandé aux internautes de s’abstenir de relayer ou de valider des contenus polarisants et de signaler tout discours haineux aux mécanismes de modération existants.
- Les discours stigmatisants à l’encontre d’un groupe ethnique favorisent la discrimination et fragilisent le vivre-ensemble. Les débats autour de réformes politiques ou institutionnelles, tels que le fédéralisme, devraient être menés sur la base d’arguments inclusifs et non à travers des généralisations ou des oppositions identitaires.
- Les appels implicites ou explicites à l’hostilité ou à la confrontation entre communautés sont à décourager, même lorsqu’ils sont formulés de manière symbolique ou métaphorique. Ces rhétoriques contribuent à renforcer les divisions et peuvent conduire à des violences réelles.
- Les administrateurs de groupes sont invités à assurer une modération active des espaces numériques et à renforcer les actions de sensibilisation. La liberté d’expression doit s’exercer dans le respect des droits d’autrui et de la cohésion sociale.








