Vérifié et publié par

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Des eaux embouteillées déclarées impropres à la consommation : une rumeur non fondée

01 juillet 2026. Une publication diffusée sur Facebook relaie deux images d’un tableau présenté comme les résultats d’analyses de plusieurs marques d’eau embouteillée vendues à Madagascar. Selon ce tableau, les 11 marques analysées seraient toutes conformes aux « normes physico-chimiques », soit un taux de conformité de 100 %. Par contre, 7 produits sur 11, soit 64 %, seraient non conformes aux  normes microbiologiques. Le tableau fait notamment état d’une présence  présumée de « germes totaux » pour les marques Volnic, Eastern Highlands, Prix Mini, Vitalo et Eau Vivifiante, et de « germes pathogènes » pour Natur’Eau et Sainto, parmi lesquels des coliformes totaux, Escherichia coli   et Pseudomonas aeruginosa. 
Le tableau attribue également un taux de conformité différent aux marques citées : 0% pour les marques Natur’Eau, Volnic, Eastern Highlands, Prix Mini, Sainto et Eau Vivifiante ; 50% pour Vitalo ; et 100% pour Olympiko, Eau Pure Mihaja, Eau Vive et Cristalline.

Traduction: « Finalement, cela ne coûte rien d’acheter de l’eau plus chère 😅. Je suis tombé par hasard sur ces résultats d’analyse 🧐. Une multitude de marques d’eau est proposée dans les grandes surfaces 🥤, mais vaut mieux se fier à celle qu’on a l’habitude de boire 😄. »

La publication a rapidement été partagée sur différents profils sur Facebook et notamment dans d’autres groupes publics (1, 2, 3, 4) semant le doute et risquant de provoquer une panique injustifiée chez les consommateurs. Compte tenu de l’impact de ces accusations sur la santé publique, What The Fact a décidé de mener son enquête.

Notre processus

Pour évaluer la crédibilité de ces affirmations virales, What The Fact a entrepris de vérifier l’authenticité du tableau, l’origine des données et la fiabilité des résultats qui y sont présentés. 
Pour ce faire, l’équipe a croisé plusieurs sources. Nous avons consulté des documents officiels, notamment le « Schéma procédure d’octroi d’autorisation d’exploitation d’eau de source et d’eau minérale », transmis à l’équipe par l’Autorité nationale de l’eau et de l’assainissement (ANDEA), les décrets n° 2003-941 relatif à la surveillance et au contrôle des eaux destinées à la consommation humaine et n° 2003-793 fixant la procédure d’octroi des autorisations de prélèvement d’eau, ainsi que la loi n° 2011-002 portant Code de la Santé publique malgache.
L’équipe s’est également entretenue avec les acteurs et experts directement impliqués dans la chaîne de contrôle sanitaire, d’analyse en laboratoire et de production industrielle d’eau embouteillée à Madagascar, à savoir : 

  • Professeur Rado Rasolomampianina, chercheur, enseignant et expert en microbiologie. 
  • Ralamboarisoa Marson Julien César, coordinateur administratif et technique de SEMINA, la société productrice de Volnic
  • Vaosolomalala Yvette Maria, directrice de la Valorisation des Ressources en Eau (DVRE) au sein du ministère de l’Eau, de l’Assainissement et de l’Hygiène (MEAH). 
  • Rasoamiaramanana Ngolatiana Hobinantenaina, Directeur de la planification, de l’évaluation des ressources en eau, de l’information et de la communication au sein de l’ANDEA.

Enfin, What The Fact a contacté l’auteur de la publication à l’origine du tableau viral, afin d’obtenir des précisions sur les informations qu’il présente. L’équipe a également sollicité plusieurs marques d’eau désignées comme non conformes dans le tableau. Parmi elles, SEMINA, société productrice de Volnic, a répondu par l’intermédiaire de Ralamboarisoa Marson Julien César, son coordinateur administratif et technique. Deux autres marques désignées non conformes dans le tableaux ont également été contactées, en l’occurrence Natur’Eau et Sainto, mais n’ont pas donné de suite à nos sollicitations.

        💡 LES CLÉS POUR COMPRENDRE LA RÉGLEMENTATION ET LA QUALITÉ DE L’EAU À MADAGASCAR
        Plusieurs institutions interviennent pour encadrer la qualité de l’eau destinée à la consommation humaine à Madagascar, dont:

        • ACSSQDA (Agence de Contrôle de la Sécurité Sanitaire et de la Qualité des Denrées Alimentaires) : organisme de contrôle du ministère de la Santé publique. Elle réalise ou supervise des analyses officielles pour vérifier la sécurité sanitaire des denrées, dont les eaux embouteillées. Le Code de la santé publique malgache la décrit comme chargée de veiller à la conformité sanitaire des denrées alimentaires produites, distribuées ou commercialisées à Madagascar.
        • ANDEA (Autorité Nationale de l’Eau et de l’Assainissement) : organisme public rattaché au ministère de l’Eau, de l’Assainissement et de l’Hygiène (MEAH). Elle gère la ressource en eau brute et délivre l’autorisation de prélever l’eau dans une nappe ou une source.

        Notre enquête

        Ce que disent les normes et les autorités compétentes

        A Madagascar, la mise en bouteille et la commercialisation d’une eau destinée à la consommation humaine ne reposent pas sur une simple analyse effectuée par un laboratoire. Le circuit légal de validation d’une eau embouteillée est un processus interministériel encadré. Aussi, la réglementation impose de nombreuses barrières de sécurité avant qu’un produit, dont l’eau mise en bouteille, n’arrive sur le marché.

        La prospection de la source d’eau

        Dans un entretien accordé à What The Fact, Vaosolomalala Yvette Maria, directrice de la Valorisation des Ressources en Eau (DVRE), au sein du ministère de l’Eau, de l’Assainissement et de l’Hygiène (MEAH) détaille le rôle des différentes autorités intervenant dans le processus précédant la commercialisation des eaux embouteillées ainsi que les contrôles réalisés sur ces dernières. D’après la DVRE, tout commence par la source d’eau. L’entreprise doit notamment s’adresser à l’ANDEA, organisme rattaché au MEAH, pour obtenir une autorisation de prélèvement et faire inspecter la source. Elle doit également obtenir un permis environnemental auprès de l’Office national pour l’environnement (ONE).

        Source: ANDEA

        D’après ce “Schéma procédure d’octroi d’autorisation d’exploitation d’eau de source et d’eau minérale”, remis par Rasoamiaramanana Ngolatiana Hobinantenaina, Directeur de la planification, de l’évaluation des ressources en eau, de l’information et de la communication au sein de l’ANDEA, cette démarche commence par une phase de prospection: on identifie la source, sa localisation, sa qualité, son débit, et l’usage prévu. La qualité et le débit sont étudiés à différentes périodes de l’année, pour tenir compte des variations saisonnières. 
        Une fois la prospection faite, l’entreprise dépose une demande d’autorisation de prélèvement auprès de l’ANDEA. Elle remplit le formulaire prévu à cet effet et transmet son dossier, accompagné des pièces requises, au directeur général de l’ANDEA. Le dossier fait ensuite l’objet d’une analyse administrative et technique. Une visite de conformité est organisée sur le terrain afin de vérifier les caractéristiques de la source et de confronter les observations aux résultats de la prospection. Les équipements utilisés sont également contrôlés, notamment à travers la vérification des garanties ou brevets qui leur sont associés.
        Le schéma cité plus haut repose sur les décrets n° 2003-941 relatif à la surveillance et au contrôle des eaux destinées à la consommation humaine et n° 2003-793 fixant la procédure d’octroi des autorisations de prélèvement d’eau.

        Les contrôles sanitaires

        Le contrôle sanitaire, lui, passe par le MEAH (à travers la DVRE) et le ministère de la Santé. Des inspections sont menées sur le terrain pour évaluer la qualité de la source et vérifier la potabilité de l’eau avant traitement. Des prélèvements sont faits quatre fois par an – en saison sèche, en saison des pluies, et aux deux intersaisons – pour suivre les variations de qualité au fil de l’année, précise la DVRE.
        Sur ce point, le “Schéma procédure d’octroi d’autorisation d’exploitation d’eau de source et d’eau minérale” précise que les analyses portent notamment sur les paramètres microbiologiques, les paramètres physico-chimiques standards, les traces toxiques et, si nécessaire, d’autres paramètres spécifiques en vue de délivrer un certificat de consommabilité.
        Une analyse supplémentaire est réalisée par l’Agence de Contrôle de la Sécurité Sanitaire et de la Qualité des Denrées Alimentaires (ACSSQDA), afin de confirmer la potabilité de l’eau. C’est ce contrôle qui permet, avec les autres documents requis, d’obtenir l’autorisation d’exploiter la source.
        Il faut distinguer cette étape d’une autre, plus tardive : le certificat de consommabilité. La potabilité concerne la source elle-même – c’est une condition pour avoir le droit d’exploiter l’eau. La consommabilité, elle, doit être vérifiée à chaque lot de production, juste avant sa mise en vente, comme l’exige l’article 42 de la loi n° 2011-002 portant Code de la santé publique. Une entreprise peut donc avoir une source autorisée depuis des années, et devoir tout de même faire certifier chaque nouveau lot avant de le commercialiser.

        Le contrôle des installations

        Selon Vaosolomalala Yvette Maria, le contrôle ne porte pas uniquement sur l’eau elle-même. Des techniciens vérifient également les conditions de production dans l’usine : les installations, les procédés de traitement, les produits utilisés, l’acheminement de l’eau, l’hygiène et le respect des normes. 
        Ces contrôles sont également mis en avant dans le schéma fourni par l’ANDEA, qui prévoit des contrôles techniques portant sur l’aménagement et la protection des captages ainsi que sur la conformité des installations. Les techniciens peuvent formuler des recommandations, puis établir un rapport d’évaluation. Une fois ces conditions remplies, l’ANDEA délivre l’autorisation de prélèvement. La procédure prévoit également la délimitation d’un périmètre de protection autour de la ressource. Vient ensuite l’octroi de l’autorisation d’exploitation interministérielle par les administrations citées plus haut.

        Une autorisation liée à une source déterminée

        Un point important ressort des explications de la DVRE : l’autorisation est liée à une source d’eau déterminée. Une entreprise qui souhaite intégrer une nouvelle source à son exploitation ne peut donc pas simplement l’ajouter à une autorisation existante. Elle doit reprendre les différentes étapes de contrôle et faire valider cette nouvelle source. Une autorisation, cette fois délivrée par le Ministère de l’Industrialisation et du Développement du Secteur Privé (MIDSP) est aussi nécessaire pour la commercialisation d’une eau mise en bouteille.

        Les contrôles après l’autorisation

        Selon VAOSOLOMALALA Yvette Maria, le contrôle ne s’arrête pas au moment de l’obtention de l’autorisation. Des contrôles périodiques sont effectués dans les entreprises autorisées et peuvent, dans certains cas, être accompagnés de visites inopinées.
        Le document de l’ANDEA prévoit également un suivi régulier de l’exploitation par cette institution, le ministère chargé de l’Eau et le ministère chargé de la Santé. Un cahier des charges doit notamment encadrer les visites et les contrôles. Des contrôles sont prévus lors de la mise en place de nouvelles unités ou lorsque les résultats d’analyses se dégradent de manière répétée. Des contrôles périodiques sont également réalisés deux fois par an et portent notamment sur les captages, les canalisations, les matériels et la conformité générale des installations.
        En résumé, la conformité sanitaire d’une eau embouteillée ne repose pas sur un simple tableau publié en ligne. Elle s’appuie sur une procédure minutieuse impliquant différentes entités, des inspections de la source et de l’usine, des prélèvements réguliers, des analyses par des structures habilitées, et une autorisation délivrée au bout de ce parcours.

        Les analyses en laboratoire

        Les analyses constituent une étape essentielle pour déterminer si une eau respecte les critères sanitaires. Selon les informations communiquées par la directrice de la Valorisation des Ressources en Eau, plusieurs laboratoires sont habilités à réaliser ce type d’analyses à Madagascar. Parmi eux figurent l’ACSSQDA, le FOFIFA, l’INSTN, l’IOGA, le LHAE, la JIRAMA, le CNRIT, le CREG2E  ou encore Labo-Chimie Madagascar.
        Les autorités publiques disposent aussi de leurs propres résultats, qui complètent ceux des laboratoires. C’est un point important pour juger le tableau viral : un tableau publié en ligne n’est pas, à lui seul, une preuve scientifique de la conformité — ou non — d’une eau. Pour conclure sur la qualité d’une eau, il faut des résultats d’analyses authentifiables, venant d’un laboratoire habilité.

        Le tableau qui circule sur les réseaux sociaux n’a été produit ni par les autorités, ni par un laboratoire habilité, mais par un particulier. Il ne peut donc pas, à lui seul, être considéré comme un document officiel sur la qualité de ces eaux, précise la DVRE

        Ce qu’il faut vérifier pour juger de la fiabilité d’une analyse d’eau

        Afin d’en savoir plus sur l’aspect technique des résultats d’analyse de l’eau conditionnée, WHAT THE FACT a contacté le Professeur Rado Rasolomampianina, chercheur, enseignant et expert en microbiologie.  Ses conclusions textuelles apportent un éclairage rigoureux sur les standards fondamentaux de la discipline.
        Interrogé sur les éléments obligatoires que doit contenir une analyse pour être interprétable, le Pr Rado Rasolomampianina se montre exhaustif :

        “Comme toute analyse, le professeur rappelle qu’un rapport d’essai microbiologique doit mentionner le laboratoire qui a effectué l’analyse microbiologique, les paramètres analysés (dans ce cas-ci, les germes à dénombrer et à rechercher), les méthodes utilisées pour le dénombrement et la recherche de ces germes, l’unité relative à ces méthodes (exemple : unité formant colonie/quantité d’eau testée), les résultats d’essais (nombre de germes) et les critères microbiologiques pour pouvoir interpréter les résultats obtenus”

        La procédure des analyses physico-chimiques et microbiologiques

        Les normes de potabilité malgache sont détaillées dans l’annexe du décret n°2004-635 relatif à la surveillance de l’eau, au contrôle des eaux destinées à la consommation humaine et aux priorités d’accès à la ressource en eau. Ces normes précisent légalement les mesures minimales et maximales de chaque paramètre physique et chimique.

        Source : Centre national de recherche sur l’environnement (CNRE), 2026.

        Au sujet de l’application pratique de ces seuils (mesures minimales et maximales), le Pr Rado Rasolomampianina précise que « ces critères sont presque identiques pour tous les organismes compétents qui les établissent et les diffusent (Institut Pasteur, OMS, FAO, Bruxelles Environnement, …) et il s’agit en général d’un texte réglementaire. » Il formule à ce titre la loi du « tout ou rien » qui régit le contrôle sanitaire : « Les résultats doivent donc être interprétés par le laboratoire selon les critères microbiologiques pour eau potable définis par ces organismes. Même si un critère seulement n’est pas conforme parmi plusieurs critères mentionnés conformes, l’eau est catégoriquement non potable. »

        La qualité et le contrôle d’une eau embouteillée : le cas de Volnic

        Citée dans un tableau non sourcé ayant circulé sur les réseaux sociaux malgaches au sujet de la présence de germes pathogènes, la marque d’eau en bouteille Volnic s’explique. What The Fact a donné la parole à la marque afin de comprendre le parcours réglementaire par lequel une eau embouteillée est autorisée, contrôlée et commercialisée dans le pays. Nous avons interrogé à ce sujet Ralamboarisoa Marson Julien Cesar, coordinateur administratif et technique de SEMINA, société productrice de Volnic.
        Avant de pouvoir commercialiser une eau en bouteille à Madagascar, une entreprise doit obtenir l’aval de plusieurs ministères, explique Ralamboarisoa Marson Julien Cesar. Le ministère de la Santé délivre le certificat de consommabilité. Le ministère de l’Eau, de son côté, autorise l’exploitation de la source ; pour Volnic, cette autorisation a été renouvelée en 2025. Enfin, c’est le ministère du Commerce qui délivre l’autorisation de mise en commercialisation. Volnic, créée en 2015, n’a fait l’objet à ce jour d’aucun signalement concernant son eau embouteillée, selon le coordinateur de SEMINA.
        Pour prouver cette conformité, le responsable de la marque a partagé avec l’équipe leur dernier rapport d’essai de prélèvement d’eau. Ce document permet de comprendre visuellement les critères scientifiques stricts qui doivent figurer sur les résultats d’un laboratoire agréé : 

        • le nom du laboratoire qui a réalisé le test, 
        • les informations sur le prélèvement et la réception de l’échantillon : le nom de la société ayant demandé l’analyse, la désignation du produit, la date et le lieu de prélèvement ainsi que la température au moment du prélèvement, le nom et le titre de la personne qui l’a effectué, la date d’arrivée au laboratoire, la température et le lieu de manipulation de l’échantillon
        • le nombre exact de chaque paramètre mesuré dans l’échantillon testé, 
        • les critères légaux de potabilité, 
        • les référentiels suivis par le laboratoire pour mesurer chaque élément, 
        • la conclusion du laboratoire sur le respect des références fixées par la loi,
        • la date de validation du rapport d’essais suivie de la signature, le nom, la fonction et le cachet d’un responsable technique au sein du laboratoire.

        Pour établir la consommabilité des eaux embouteillées à Madagascar, il faut passer par un des laboratoires habilités par l’Etat. Celui-ci doit prendre en compte les paramètres physiques, chimiques et microbiologiques. Le second tableau partagé sur les réseaux sociaux n’en mentionne que quelques-uns, détaillés dans l’encadré ci-dessous :

        💡 Comprendre les critères microbiologiques de l’eau

        Pour vérifier si une eau embouteillée est conforme, les laboratoires recherchent certains types de bactéries. Leur présence ou leur absence aide à juger de la qualité sanitaire du produit.

        Ces bactéries ne sont pas toutes dangereuses en elles-mêmes, mais elles servent d’indicateurs : elles aident à détecter d’éventuels problèmes d’hygiène ou de contamination.

        L’analyse comparative des éléments contenus dans un rapport d’essais et les tableaux partagés sur les réseaux sociaux permet de constater que la version postée en ligne ne montre aucune information concernant le laboratoire ayant effectué l’analyse, les conditions du prélèvement, les normes suivies et les valeurs chiffrées des paramètres des analyses. Il évoque la présence de germes pouvant entraîner des risques sanitaires pour l’être humain sans donner leur quantité exacte.

        Pour le Pr Rado Rasolomampianina, ce document n’est en rien un rapport officiel mais un simple récapitulatif déconnecté des laboratoires. Sa diffusion sur internet pose d’ailleurs un problème déontologique majeur. « En principe, les résultats d’analyse sont confidentiels. Comme dans l’analyse médicale, ils restent confidentiels entre les patients et leurs médecins traitants », rappelle l’expert. Il souligne également un angle mort biologique critique : l’absence totale d’informations sur le prélèvement et le transport des bouteilles. Les micro-organismes se multipliant très vite, une rupture de la chaîne du froid ou un délai de transport de quatre heures à 25°C suffit à faire exploser le nombre de bactéries et à fausser totalement le diagnostic. Selon lui, un échantillon qui ne respecte pas ces conditions logistiques strictes ne devrait même pas être analysé.

        De son côté, Ralamboarisoa Marson Julien César confirme que si un particulier peut commander une une analyse isolée, celle-ci n’a aucune valeur officielle. Pour certifier un lot, le ministère du Commerce doit procéder lui-même au scellage et au prélèvement des échantillons sur site. Une anomalie détectée hors de ce circuit officiel ne suffit donc pas à déclarer une eau impropre à la consommation. La conformité reste un processus global, et les preuves de transparence fournies par Volnic ne préjugent en rien de la situation des 10 autres marques citées.

        Le Pr Rado Rasolomampianina confirme la stricte nécessité réglementaire de ces démarches régulières :

        « Ces sociétés doivent faire des analyses régulières afin d’assurer la potabilité des échantillons d’eau qu’elles vendent. Les résultats d’analyse doivent être présentés auprès d’un organisme compétent : Ministère de la Santé (dans le cas de Madagascar) qui leur délivre des certificats de conformité/consommabilité pour leurs produits. Ce sont ces certificats qu’elles doivent présenter en cas de doute, d’enquête ou d’audit. Certaines sociétés mentionnent d’ailleurs sur les étiquettes de leurs produits le numéro et la date d’obtention de cette conformité. »

        Notre conclusion

        Les vérifications menées par What The Fact montrent que le tableau diffusé sur Facebook ne présente aucune garantie de fiabilité. Une analyse scientifique rigoureuse doit obligatoirement permettre d’identifier la structure émettrice, les protocoles stricts de prélèvement, les méthodes utilisées, les valeurs chiffrées exactes et les critères réglementaires de référence. Rien de tout cela ne figure dans le tableau examiné.
        Pour la marque Volnic, les éléments de preuve recueillis contredisent directement la rumeur : l’entreprise suit le circuit légal et son autorisation d’exploitation a été officiellement renouvelée par l’État en 2025. Les autres marques ciblées (Natur’Eau, Sainto) ainsi que l’auteur du tableau sont restés silencieux face à nos sollicitations. 
        En l’état actuel des informations disponibles, ce tableau viral ne permet absolument pas d’établir la non-conformité sanitaire des eaux embouteillées mentionnées à Madagascar ; ces accusations sont non fondées.

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