
Traduction : SI LES « MERINA » S’OPPOSENT AU FÉDÉRALISME, DÉCLENCHONS UNE GUERRE ETHNIQUE. NOUS EN AVONS ASSEZ D’ENTRETENIR ANTANANARIVO.
Typologie de discours : Il s’agit d’un discours incitant à la violence interethnique, visant à opposer les populations des Hautes Terres à celles des régions côtières. L’auteur y justifie cet appel en invoquant la nécessité d’instaurer un système fédéral, affirmant que ces dernières en ont assez de supporter le poids économique d’Antananarivo.
Contexte : Publication recensée dans le groupe POLITIKA ETO MADAGASIKARA, un espace de discussion public à large audience sur Facebook, le 21 mars 2026. Les propos s’inscrivent dans un contexte de revendications en ligne en faveur de l’instauration d’un système fédéral à Madagascar. Pour justifier cette position, l’auteur mobilise un discours ethnique, accusant la communauté Merina de s’opposer au fédéralisme et affirmant qu’une violence interethnique serait nécessaire si cette opposition se poursuivait.
Impacts et dangers potentiels :
- Risque d’impact psychologique et de marginalisation : la propagation de contenus haineux peut porter atteinte à la dignité et au bien‑être des groupes ciblés, créant un climat de peur, d’exclusion ou de rejet.
- Risque de banalisation des propos violents et discriminatoires : lorsqu’un appel à la violence ou à la stigmatisation est largement partagé, il peut normaliser ce type de langage et encourager d’autres acteurs à diffuser des messages similaires.
- Risque d’affaiblissement de la cohésion sociale : l’incitation à la haine fondée sur l’origine ethnique fragmente le tissu social et rend plus difficile la construction d’un consensus national.
- Risque d’intensification des conflits entre groupes ethniques : la circulation de messages incitant à la violence entre groupes régionaux ou identitaires accentue les rivalités perçues et favorise l’apparition de conflits dans la vie réelle. Il nourrit la méfiance et l’hostilité entre communautés, fragilisant la coexistence pacifique.
Recommandations :
- L’incitation publique à la haine ethnique et à la violence est prohibée par la législation malgache, notamment par l’article 26 du Code de la Communication médiatisée, et expose son auteur à des sanctions pénales. Il est recommandé aux internautes de s’abstenir de relayer ou de valider les contenus polarisants et de signaler tout discours haineux aux mécanismes de modération existants.
- Les discours stigmatisants à l’encontre d’un groupe ethnique favorisent la discrimination et fragilisent le vivre-ensemble. Les débats autour des réformes institutionnelles, comme le fédéralisme, doivent être menés sur la base d’arguments inclusifs et non à travers des oppositions identitaires.
- Les appels implicites ou explicites à l’hostilité ou à la confrontation entre communautés sont à décourager même lorsqu’ils sont formulés de manière symbolique ou métaphorique. Ces rhétoriques contribuent à renforcer les divisions et peuvent conduire à des violences réelles.
- Les administrateurs et modérateurs de groupes sont invités à assurer une modération active des espaces numériques, à supprimer ou signaler les contenus dangereux, à renforcer les actions de sensibilisation et à promouvoir le dialogue intercommunautaire afin de réduire la peur, la méfiance et les tensions entre communautés tout en préservant la cohésion sociale.








