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Alerte : Discours homophobe et incitation à la violence contre la communauté LGBT+ à Madagascar

Traduction : Laissons-les faire, Kougar.
Laissons-les porter plainte et sortir au grand jour, on va leur faire mordre la poussière.
On va b***er les filles LGBT, tandis que ces gars pédérastes, on va les tabasser à mort.
Il parait que cette bande de pédale va me poursuivre en justice😂😂
C’est vous-mêmes qui avez publié vos photos
Combien de mes photos ont été publiées ici, utilisées par tout le monde, que les gens m’aiment ou non.
Tant que Madagascar restera Madagascar, nous ne vous laisserons pas le détruire avec votre vie de débauche. Put***s de chiens de LGBT.
Allez-y, je suis prêt à me battre s’il le faut.

Traduction : Faites-les mordre la poussière !!
Je m’adresse aux dirigeants: Prenez des mesures, car c’est à la fois un tabou ancestral et, du point de vue religieux, un interdit de la terre, du ciel et de Dieu.
Et ils osent demander la liberté ? 😡😡😡
On fait déjà comme si de rien n’était, on ferme les yeux volontairement, et ils veulent encore s’afficher publiquement😡
Appel solennel à tous les vrais gars…
Unissez-vous et faites-leur la misère comme au temps des Tempo Gaigy, sinon la descendance est en train de sombrer, bon sang 😭

Typologie de discours : Les deux discours analysés relèvent de l’incitation à la haine et à la violence fondée sur l’orientation sexuelle, visant les personnes LGBT+ à Madagascar. Ils reposent sur une stigmatisation globale de ce groupe, présenté comme une menace pour l’ordre social, les valeurs culturelles et religieuses, ainsi que pour l’avenir de la jeunesse, dans une logique d’exclusion de l’espace public.
Le second discours se distingue par un niveau de violence accru, marqué par des menaces explicites de violences physiques, des insultes homophobes et des propos déshumanisants.
Dans les deux cas, la généralisation abusive des comportements attribués aux personnes LGBT+ sert à légitimer la discrimination et la violence à leur encontre, inscrivant ces discours dans une dynamique de haine visant à justifier leur marginalisation sociale.

Contexte : Publications recensées les 2 et 3 février 2026 dans un groupe de discussion public à large audience sur Facebook. Ces discours interviennent en réaction à un communiqué de l’ONG Réseau Madagascar Solidarité LGBT, qui dénonce l’utilisation abusive et non consentie d’images de ses membres ainsi que de son logo dans des publications en ligne. L’ONG y exige le retrait immédiat des contenus concernés et indique se réserver le droit d’engager des poursuites judiciaires afin de protéger l’intégrité et la dignité des membres de la communauté LGBT+. Ces prises de parole interviennent dans un contexte de tension autour de la visibilité en ligne des personnes LGBT+, marqué par des réactions hostiles à la démarche de dénonciation et au recours au droit de l’ONG concernée.

Impacts et dangers potentiels :
  • Risque de banalisation et de légitimation de la violence ciblée: Les propos appelant explicitement ou implicitement à la violence contribuent à normaliser des comportements agressifs à l’encontre des personnes LGBT+, en les présentant comme une menace pour la société ou la culture. Cette construction discursive est susceptible de favoriser des actes d’intimidation ainsi que des violences verbales ou physiques dans l’espace public.
  • Risque de renforcement des clivages sociaux et identitaires: La diffusion répétée de messages stigmatisants alimente un climat de peur et de méfiance, renforce les oppositions entre groupes et accentue les logiques de confrontation, au détriment du vivre-ensemble et de la cohésion sociale.
  • Risque de marginalisation sociale et d’atteinte au bien-être psychologique: Dans un contexte perçu comme hostile, certaines personnes LGBT+ peuvent limiter leur participation à la vie sociale et citoyenne. L’exposition répétée à des discours haineux est également associée à une dégradation du bien-être psychologique, notamment en termes de stress, d’anxiété et de sentiment d’insécurité, en particulier lorsque ces propos bénéficient d’une large diffusion ou émanent de figures influentes.
  • Risque de banalisation des pratiques discriminatoires: Sous l’effet d’une opinion publique polarisée, les autorités peuvent être amenées à tolérer ou à ne pas sanctionner certaines pratiques discriminatoires, contribuant ainsi à la banalisation des atteintes aux droits humains et à l’affaiblissement des principes d’égalité et de protection des minorités.
Recommandations:
  • Les contenus diffusés sur les réseaux sociaux appelant explicitement ou implicitement à la violence à l’encontre d’un groupe identifié peuvent faire l’objet de signalements coordonnés, cette qualification étant généralement traitée de manière prioritaire par les équipes de modération des plateformes, comparativement aux signalements isolés pour discours de haine.
  • La diffusion répétée de contenus reposant sur des généralisations abusives et des registres émotionnels contribue à l’amplification des discours stigmatisants. Les utilisateurs des réseaux sociaux sont encouragés à adopter une posture critique, à ne pas relayer ni banaliser ce type de contenus, afin d’en limiter la portée et les effets de polarisation.
  • Les administrateurs et modérateurs de groupes de discussion, pages publiques et forums en ligne disposent d’un rôle clé dans la prévention de la propagation des discours haineux ou violents. Une vigilance accrue et le retrait rapide des contenus problématiques permettent de limiter les effets d’entraînement et la normalisation de ces discours dans des espaces à forte audience.
  • Les médias, influenceurs et producteurs de contenus sont invités à adopter une communication responsable, en évitant la surmédiatisation ou la banalisation de propos stigmatisants. La valorisation de messages alternatifs fondés sur le vivre-ensemble, la diversité et la solidarité sociale constitue un levier essentiel pour atténuer l’impact des discours de haine et renforcer la cohésion sociale.

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