
Traduction : Procédons à l’OPK à Madagascar, je vous dis, mais qu’est-ce qu’on attend !!??? Nous, le peuple, ne sommes-nous pas ceux que l’armée est censée protéger ?
Les Indo-pakistanais se sont même confrontés à un GENERAL à Tamatave donc imaginez les petits Malgaches.
Le député Fidèle Razara Pierre est actuellement le seul à protéger les Malgaches des abus des Indopakistanais, ils s’en sont même pris à un Général à Tamatave, ont fomenté un dossier à son encontre et se sont acharnés sur lui. Selon lui (ndlr le député), les Malgaches aiment à dire que les Indo-pakistanais travaillent honnêtement, notamment en mettant en location des bâtiments etc… Mais la vraie question, c’est : D’OU PROVIENT L’ARGENT qui leur permet de construire des immeubles et d’acquérir autant de terrains ? LA REPONSE : il vient de l’or malgache. Et ils construisent des maisons pour vendre aux Malgaches et les leur louer à des prix exorbitants. ÇA S’APPELLE DU BLANCHIMENT D’ARGENT, y a-t-il déjà eu des Indo-pakistanais qui ont été convoqués au PAC et ont été emprisonnés ? CE SONT LES MALGACHES QUI VONT EN PRISON.
Les Malgaches sont faibles d’esprit, il suffit de leur donner des bonbons et ils se taisent, ils n’ont aucune solidarité et ne font que se plaindre ! Sur leurs propres terres, combien de Malgaches emploient des indo-pakistanais et combien de Malgaches travaillent pour des indo-pakistanais ? LES MALGACHES SONT DES ESCLAVES SUR LEURS TERRES. QUAND ON SE TAIT, ON EST ESCLAVES, AUCUN ROI NE RESTE SILENCIEUX MAIS LES ESCLAVES SE TAISENT PAR PEUR DE LEUR PATRON.
Type de discours : Incitation à la haine et à la violence à caractère xénophobe, visant les ressortissants indo-pakistanais à Madagascar. Les propos légitiment des représailles collectives et encouragent des actions violentes contre l’ensemble des membres de ce groupe. Ils stigmatisent également les Malgaches comme faibles ou impuissants face à ces supposés abus.
Contexte : Publications recensées le 4 janvier 2025 dans plusieurs groupes de discussion publics à large audience sur Facebook, notamment VAOVAO Farany FIL D’INFOS comptant 469.000 membres.
Ces discours s’inscrivent dans un climat marqué par la diffusion en ligne de propos accusatoires visant la communauté indo-pakistanaise à Madagascar. Ils relaient une perception partagée par certains internautes concernant une supposée hégémonie économique des ressortissants indo-pakistanais, obtenue par des trafics illégaux.
Ces affirmations s’accompagnent d’accusations non vérifiées de falsification de dossiers et d’application inéquitable des lois entre des citoyens malgaches condamnés alors que les ressortissants indo-pakistanais seraient prétendument impunis.
Ces propos avancent l’hypothèse d’une forte influence politique, économique et juridique de cette communauté et appellent à une reprise de l’opération Karana (OPK). Pour rappel, l’OPK s’est manifestée en 1986 et 1987 dans différentes régions de Madagascar, durant laquelle des commerces, habitations et biens appartenant aux Indo-pakistanais ont été pillés et vandalisés par une partie de la population. Les membres de cette communauté ont également été les cibles d’enlèvement, phénomène qui s’est atténué ces dernières années.
Impacts et dangers potentiels :
- Risque de banalisation et de légitimation de la violence ciblée : En s’appuyant sur des accusations non étayées et des rumeurs, ce discours contribue à normaliser des narratifs justifiant des actes agressifs à l’encontre d’une communauté identifiée. Cette construction discursive tend à présenter la violence comme une réponse compréhensible, voire légitime, à des griefs supposés.
- Risque de radicalisation et de passage à l’acte collectif : Les propos stigmatisants et discriminatoires véhiculés peuvent nourrir des sentiments de haine et renforcer des logiques de confrontation. En faisant écho à des précédents historiques violents, ils augmentent le risque de radicalisation de certains internautes et d’adhésion à des actions collectives hostiles.
- Risque de diffusion virale et d’amplification des discours hostiles : La publication de ces contenus dans des groupes de discussion à forte audience accroît leur visibilité et facilite leur reprise par d’autres utilisateurs. Cette dynamique favorise l’escalade verbale, la surenchère des propos et la propagation de discours de plus en plus radicaux.
- Risque de fragilisation de la cohésion nationale : En opposant les Malgaches aux ressortissants indo-pakistanais dans une logique de responsabilité collective, ces discours accentuent les clivages sociaux et identitaires. Ils contribuent à détériorer le vivre-ensemble et à raviver des tensions intercommunautaires susceptibles d’affecter durablement la stabilité sociale.
Recommandations :
- Les propos diffusés sur les réseaux sociaux qui incitent à la xénophobie ou qui légitiment, explicitement ou implicitement, des violences à l’encontre d’une communauté identifiée sont réprimés par le Code de la communication médiatisée, notamment en son article 26, ainsi que par certaines dispositions du Code pénal. Les internautes sont invités à faire preuve de vigilance citoyenne, à ne pas relayer ni banaliser ce type de contenus, afin de limiter leur diffusion tout en préservant la liberté d’expression.
- La diffusion de messages fondés sur des accusations non étayées, des rumeurs ou des généralisations abusives contribue à nourrir la stigmatisation collective et à exacerber les tensions intercommunautaires. Les utilisateurs des réseaux sociaux sont encouragés à adopter une posture critique face aux contenus dépourvus de sources fiables, en particulier lorsqu’ils visent à désigner un groupe comme responsable de faits graves ou de dysfonctionnements structurels.
- Les administrateurs de groupes de discussion, pages publiques et forums en ligne disposent d’un rôle clé dans la prévention de la propagation de discours haineux ou violents. Une modération proportionnée, fondée sur des règles clairement établies et connues des membres, permet de maintenir des espaces de débat respectueux, sans restreindre indûment l’expression d’opinions critiques ou contestataires.
- Les autorités, leaders d’opinion, acteurs médiatiques et religieux peuvent contribuer à apaiser les tensions en favorisant des prises de parole responsables, contextualisées et respectueuses de la dignité humaine. La valorisation du dialogue, du pluralisme des opinions et de l’État de droit constitue un levier essentiel pour prévenir les dérives haineuses tout en garantissant un espace public ouvert et démocratique.








